Synthèse de la visite d’entreprise
Le mardi 25 novembre 2008, les deux classes de terminales ES du
lycée Jules Fil ont participé à la visite de la Ligne Grande Vitesse Perpignan-Figueras. Au total, soixante-trois élèves encadrés par quatre enseignants se sont déplacés à Perpignan. Ils ont été accueillis le matin au lycée Jean Lurçat, avant de se déplacer sur le chantier l’après-midi.
La formation a été organisée autour de deux activités pédagogiques différentes. La conférence de la matinée a permis, d’une part, d’expliquer les caractéristiques et les principales stratégies du groupe et, d’autre part, de présenter la concession Perpignan-Figueras. Les visites de deux sites essentiels du chantier, au cours de l’après-midi, ont permis de confronter les élèves à la réalité du terrain.
Un collaborateur de Monsieur Franqueville, Directeur des Ressources Humaines d’Eiffage Travaux Publics, a ainsi insisté sur les spécificités de son groupe et sur sa stratégie de développement en Europe. La majorité de ces informations sont présentes sur le site internet du groupe :Eiffage .
Madame Larguier, Responsable de la communication du Projet, a mis l’accent sur les particularités de ce chantier. Elle a ainsi précisé que, suite aux Accords de Madrid du 10 octobre 1995, son groupe avait été retenu pour une concession de 50 ans dont 5 ans de construction. Le contrat de concession a été signé le 17 février 2004 et les travaux de construction seront terminés pour le 17 février 2009. Le coût de la réalisation de la ligne s’élève à un milliard cent millions d’euros. Le financement repose sur des subventions des Etats français et espagnols de 590 millions d’euros, un apport de 110 millions d’euros de fonds propres et un emprunt de 400 millions d’euros.
Le principal ouvrage de ce chantier est le tunnel du Perthus. Ce tunnel est composé de deux tubes, un pour chaque sens de circulation, reliés par 42 rameaux et longs de 8,3 kilomètres.
Sa réalisation a nécessité l’utilisation de deux tunneliers d’un diamètre de 9,96 mètres et d’une longueur de 150 mètres pour 2 500 tonnes.
Les visites de la tête nord du tunnel du Perthus et de l’ouvrage saut-de-mouton, ont permis de voir les résultats concrets du processus de production et de mieux mesurer l’enjeu économique d’un tel chantier.
Outre les caractéristiques techniques de ce projet, un tel chantier peut être utilisé pour illustrer de nombreux concepts et problématiques du cours de SES de terminale. Il permet, en effet, de présenter les stratégies développées par les entreprises pour s’inscrire dans une dynamique de croissance. Ainsi, l’utilisation de deux tunneliers, d’une valeur individuelle de 18 millions d’euros, permet non seulement de montrer l’importance du capital technique dans le processus de production, mais aussi d’insister sur la nécessité d’investir. La réalisation d’un tel chantier, en seulement cinq ans, pose également la question de l’organisation du travail et de l’emploi. Le soin apporté par le groupe Eiffage au respect de l’environnement permet de démontrer la place croissante qu’occupe le développement durable dans les pratiques des grandes entreprises. C’est l’occasion de souligner que de nombreuses innovations ont pour finalité de bien mieux concilier croissance et environnement. Ce projet permet enfin de réfléchir à de multiples points du programme, tels que les marchés de petit nombre, la place croissante de l’Europe dans le calcul des entreprises ou encore l’évolution des relations entre le secteur public et le secteur privé suite, notamment, au développement des Partenariats Publics Privés (PPP).
Quelques anecdotes sur la difficulté d’un travail transfrontalier :
— Les contrats de travail du personnel engagé pour ce chantier international sont rédigés selon le droit espagnol, car les premières étapes du chantier se sont déroulées en Espagne. Cela permettait aussi d’harmoniser ces contrats et d’adopter un législation commune pour recruter des employés de plusieurs dizaines de nationalités différentes.
— Les voies ferrées espagnoles n’ont pas le même écartement qu’ailleurs en Europe, et cette Ligne à Grande Vitesse impose donc aux chemins de fer espagnols un matériel roulant spécifique.
— Autre spécificité : comme en Grande Bretagne pour les automobiles, les trains espagnols ne circulent pas dans le même sens qu’ailleurs. Il a donc fallu faire partir les trains du bon côté en Espagne, mais les faire circuler de l’autre côté une fois en France ! Comment ? Simplement en croisant les deux voies, c’est l’objet du saut de mouton près du Boulou, où une voie franchit l’autre par un pont.
— Les normes de sécurité incendie ne sont pas les mêmes en Espagne, en particulier les dimensions des bornes d’incendie. Pour permettre aux pompiers d’intervenir quel que soit leur matériel, les bouches d’arrivée d’eau dans le tunnel sont mixtes, elles comportent une tête au gabarit espagnol, et une tête au gabarit français.











